Aristide Dethier

jeudi 25 juin 2009
par  Alex Gonay, Chantal Cloes
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ARISTIDE DETHIER


L’inventeur de la mine du Rocheux,
Chevalerie de l’ordre du Chuffin Section histoire

Aristide Dethier, l’aîné des quatre enfants de Laurent-François va lui aussi devenir un personnage remarquable ; la politique ne l’a guère intéressé, par contre, il a hérité de son père le goût des sciences naturelles, ce qui va l’influencer tout au long d’une vie assez mouvementée.

Théodore-Aristide est né le 11 juin 1800 à Paris où son père s’était rendu en tant que député au Conseil des Cinq- Cents. (1). Fin de l’année, la famille Dethier rentre en Belgique et, à partir de 1806, réside à Theux dans la propriété de la Boverie (2) qui va rester le port d’attache d’Aristide jusqu’à sa mort.

Il est encore enfant lorsque son oncle maternel, Pierre Lejeune, colonel de l’empire (3) l’emmène à travers toute l’Allemagne jusqu’à Berlin où il rejoint son régiment C’est un épisode merveilleux qui va lui donner l’envie des voyages. En 1813, il se rend à Paris avec son père pour un bref séjour, mais il a le temps d’assister au Collège de France à des cours publics sur la littérature, l’histoire naturelle (Cuvier), l’électricité, mais surtout il va au Muséum écouter le géologue Foujas de St Fond, ami de son père. A 13 ans, il fallait le faire ! Mais ses études se feront au Lycée de Liège.

Aristide et ses deux frères, Corneille et Guillaume, ont obtenu de l’état, des bourses, grâce à l’intervention de leur oncle, devenu général de Brigade. En 1815, il participe avec son père à la découverte du site du vallon d’Oulneux (le Ninglinspo actuel) et il signera avec son père une notice décrivant les fameuses cuves de Diane et de Chaudière.
Ses études brillamment terminées, il se dirige vers l’industrie du textile. Il gagne l’estime et la confiance de ses patrons. Après un parcours montant et des voyages à travers le monde, on lui confie les fonctions de consul de Belgique à Smyrne pour l’Anatolie. Après un long voyage en Asie Mineure, il fait publier à Londres le résultat de ses observations « Discoveries in Asia Minor ».

En 1834, il rentre en Belgique, il y refuse le poste de Consul Général d’Autriche, il veut rester près de ses vieux parents et dès ce moment, c’est vers les recherches minières qu’il va s’orienter. Dès 1837, il acquiert le droit de procéder à des fouilles dans la région d’Oneux, d’abord pour le compte de John Cockerill, puis pour son propre compte ; il s’associe avec un certain Maurice Lamy, ouvrier carrier de Namur et, en 1848, ils repèrent d’importants gisements de zinc, de pyrite et de plomb, ce qui va lui valoir le titre officiel de « Inventeur de la Mine du Rocheux » (5).

La Société Dethier commence modestement, prend de l’ampleur avec de nouveaux actionnaires et finalement, en 1858, est constituée la S.A. du Rocheux et Oneux dont A. Dethier est l’un des administrateurs. Le personnel de cette société qui était de 35 personnes en 1857 va passer en 1860 à 413.(6) A. Dethier ne limitera pas ses recherches à Oneux, il est également « l’inventeur » de la mine de Sasserotte, de Corbeau-Tapeu (Dison).

En 1867, il fait la découverte d’un gîte de phosphate de chaux à Baelen ce qui lui vaut une médaille d’argent accordée par l’exposition internationale de Paris de 1867. Il enverra d’ailleurs à cette exposition trois échantillons de marbre noir extraits de la fameuse carrière située dans sa propriété de la Boverie. Infatigable, quasi septuagénaire, il se rend en Sardaigne où il est chargé d’étudier les gisements minéraux de l’île. Pendant six mois, il parcourt les montagnes et les côtes de ce pays, vivant dans un confort rudimentaire, campant souvent à la belle étoile, ce qui ne le gène guère.

Il rentre à Theux en septembre 1870 pour s’apercevoir que ses affaires ne sont plus très brillantes ; il a, semble-t-il, toujours vécu assez insouciant du lendemain et s’aperçoit un peu tard de la triste réalité. Il fait de nouveaux projets pour redresser la situation mais la maladie le frappe et il meurt, le 25 février 1871, à la Boverie, il était resté célibataire. Si Aristide Dethier a quitté l’école très tôt en réalité, il aura étudié toute sa vie et touché à tout dans les domaines de la géologie minérale, linguistique, géographie, archéologie. Il ne manquait pas de talents artistiques, il dessinait avec beaucoup de précision, il a tâté de l’aquarelle et ne dédaignait pas taquiner la prose. Il se reposait en lisant les poètes latins.

Voici donc un personnage captivant et assez méconnu qui vient allonger la galerie des célébrités theutoises.

A.GONAY

ANNOTATIONS. *
- (1) L.F. Dethier après le coup d’état du 18 brumaire de novembre 1799 de Bonaparte n’acceptera jamais le nouvel état de chose et le régime ne le lui pardonnera jamais.
- (2) La Boverie (actuellement la Mésangère) en fait la gendarmerie, avait été construite en 1773 par Nicolas Fréon, oncle de Laurent-François
- (3) Pierre Lejeune, frère de Anne Judith II mère d’Aristide, tous deux venaient de Visé. décédé à Mayence en 1813.
- (4) Smyme (actuel Izmir) : port et, autrefois, ville principale de l’Anatolie
- (5) Le titre « d’inventeur » = qui ayant découvert un possibilité de l’exploiter
- (6) Le point culminant en 1873,


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