Yvon Bellefroid

La passion d’un homme
vendredi 9 mai 2008
par  Mélanie, Christian Jacquemin
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Bellefroid AbbÉ

Le 31 août 1997, l’Abbé BELLEFROID, Directeur de Saint-Roch depuis 25 ans, quitte anticipativement sa fonction pour des raisons de santé. Quoiqu’il ait coutume de dire : « Une école, c’est d’abord ses profs et ses éducs », épinglons quelques aspects du parcours de cet homme dont l’action a marqué de nombreux adultes et des milliers de jeunes de la région...

UN JEUNE SEMINARISTE...
En cet automne 1963, franchissant le seuil du vieux collège rural et theutois des Pères Lazaristes de Cologne, le jeune citadin bressoutois, séminariste fraîchement en soutane, pouvait-il deviner qu’une longue histoire comment ait entre lui et Saint-Roch ? Une histoire qui allait, ô combien, le saisir tout entier, littéralement corps et âme...! Venu se « requinquer » à la campagne ardennaise, il sera éducateur au début. Ensuite, il fera un bref passage comme enseignant à l’Athénée de Spa, puis ne quittera plus Saint-Roch. Il professera, donnant des cours de français, de religion et assurant la surveillance de l’internat et des études. « Maison Familiale » aurait été le titre le plus approprié au Saint-Roch de cette époque. C’était les années de l’internat : 160 élèves tout au plus, une vingtaine de profs. On tapait sur un ballon à midi, tout le monde « bloquait » dans la grande étude au rez, Robert LEJEUNE disait le mot du soir aux ainés, on commençait à parler partout d’un certain Eddy MERCKX, sans trop y croire on envisageait que des terriens marcheraient bientôt sur la lune...et puis, il y avait Yvon BELLEFROID, avec sa « 2 Chevaux », le pied toujours au plancher. Cette bagnole, que ne l’a-t-il prêtée à Pierre et à Paul ! C’est aussi le temps du Concile Vatican II, de la guerre du Vietnam, de Mai 68...etc... En silence, le jeune homme se cherche. Des tas de questions se posent, il poursuit sa formation de séminariste. Il sera ordonné prêtre par Monseigneur Van Zuylen le 12 mai 1973 à Theux, dans la chapelle de Saint-Roch !

QUE DE TRANSFORMATIONS DEPUIS...
Le 1 septembre 1973, Yvon BELLEFROID est nommé directeur administratif. Et en 1975, il devient directeur de l’ensemble des Humanités, succédant à l’abbé DUYSINX. L’école Normale d’Instituteurs sera, dès lors, dirigée par Marius MONTULET.
L’Abbé BELLEFROID a été, et sera sans doute comme il l’a j dit plusieurs fois, le dernier prêtre diocésain à être directeur de collège. En plus de cette charge fort absorbante, il a su assumer l’aumônerie de groupes de foyers et le vicariat dominical à Theux et à Hodbomont ! Directeur depuis 25 ans, Yvon BELLEFROID a connu 13 ministres de l’Education et de nombreuses transformations : passage à la mixité, généralisation du " rénové " en 1981, réformes diverses, naissance du DOA dès 1982. Roger MARCHOT devenu directeur du DOA en 1986 fera équipe avec Yvon BELLEFROID jusqu’en juin 1996, date de son départ à la pension. Michel CLAES a remplacé Roger MARCHOT le 1.9.1996, Luc DAELE a succédé à Yvon BELLEFROID le 1.9.1997. Joseph HENRARD devient Coordinateur Pédagogique à Spa le 1.9.1996. Au milieu des années soixante, la petite société de Saint-Roch ne comprenait guère plus de 180 personnes (personnel compris). Aujourd’hui, et depuis la fusion, Saint-Roch
c’est deux implantations (Theux, Spa), plus de 920 élèves et 133 professeurs et éducateurs. C’est à cette croissance continue qu’Yvon BELLEFROID a du faire face avec les multiples problèmes, questions et défis que cela suppose...! C’est avec rigueur, compétence, opiniâtreté et un véritable esprit de sacrifice qu’il s’est attelé à cette tâche des années durant...!

UNE BRIQUE DANS LE VENTRE !
Aimant aussi le travail manuel, ses goûts le portent plutôt vers la menuiserie, la peinture, le tapissage...Il serait difficile de compter les mètres de rouleaux, les litres de peinture, le nombre de clous et de vis, les faux plafonds, les longueurs de planches dont il s’est servi ! C’est simple, il n’y a pas un coin de l’école où il ne soit passé : des couloirs aux classes, des chambrettes de l’internat aux cloisons et aux portes, cages d’escaliers...et encore la transformation de la maison des Sœurs, la réalisation de la cuisine, la coupure de la chapelle en deux niveaux, les labos de physique et chimie, l’oratoire...etc..., et, « last but not least », un hall omnisports de plus de vingt mètres sur quarante ! Certains sont tombés petits dans la potion magique, lui, a une brique dans le ventre !

UNE ECOUTE
Même aux moments de grande occupation, sa porte reste ouverte. Vous frappez, il s’arrête et est une oreille attentive. Il est à l’écoute de commentaires divers mais aussi des plus ou moins grandes douleurs que, parmi les élèves, les parents et les profs, certains connaissent. Il s’en dégage un sentiment de compassion spontanée que seule peut conférer l’expérience précoce de la souffrance. Me viennent " l’esprit les mots de Christian BOBIN : « Il va droit à la porte de l’humain. Il attend que cette porte s’ouvre. La porte de l’humain, c’est le visage. Voir face à face, seul à seul, un à un ».

N’ALLEZ PAS CROIRE !
Énigmatique derrière des verres légèrement fumés, costume et cravate classiques de rigueur, l’allure est austère. Est-elle héritée de certains de ses fiers ancêtres originaires des Pays-Bas ? Mais derrière cette apparente sévérité se cache une grande timidité. Il sait, cependant, se montrer plaisant et même joyeux drille ! L’avez-vous déjà vu avec son tablier ? Le « Chef » sait mitonner de ces petits plats que l’on nous dit excellents. Autour d’une tasse de café et d’un cigarillo, il manie avec dextérité un humour « fine mouche »...!! Il peut faire chanter les orgues de la chapelle ou, dans le creux de l’oreille, interpréter une sonate de Bach au piano. C’est que notre homme est venu ajouter son nom à la belle lignée de nos « directeurs musiciens ». Certains se souviennent des Léopold DELCHAMBRE, Paul DUYSINX et autres Jean BOXUS !

SIMPLEMENT...
Même si sa modestie en prend un coup, même s’il trouve qu’il n’a fait « que » son boulot... Pour toutes ces années au SERVICE DE LA JEUNESSE ET DE NOMBREUSES FAMILLES DE THEUX ET DE LA REGION, nous voulons dire ici publiquement, et du fond du cœur, un grand, un très grand, un très très grand MERCI à l’Abbé Yvon BELLEFROID.

Christian Jacquemin.

Pays de Franchimont 617 novembre 1997


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