Jacky Bodart

jeudi 16 août 2007
par  Chantal Cloes, Philippe Dethier
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En quelques lignes, se lancer dans le portrait d’un homme comme Jacquy Bodart est une idée suicidaire voire insultante pour le personnage.

Pour peu que l’on s’intéresse à la vie associative et culturelle theutoise, il faut constater que, depuis plus de quarante ans, on retrouve son nom dans presque tous les « coups ». Non content de cela, on le retrouve également dans l’histoire politique de notre commune et pour terminer son entreprise aura marqué au … poêle rouge le volet économique et social theutois d’après-guerre.

Mais qui êtes-vous Jacquy Bodart ? Un homme qui ne sait pas dire non, me répondra-t-il !

Et heureusement ! Car on n’ose imaginer comment notre Histoire aurait tourné si déjà il avait dit non à Jean Gonay, son futur beau frère, en 1957 quand a commencé, … à Stavelot, l’entreprise Bodart & Gonay. Une belle aventure humaine, me confiera-t-il. « Créativité » et « Respect mutuel » seront les fils rouges qui traceront sa carrière professionnelle. Comme exemple, il me dit « Jamais tutoyer un ouvrier plus âgé que moi ! ». Du déménagement de l’entreprise vers Harzé, il regrettera qu’une solution communale n’ait pu être trouvée pour garder cet outil à Theux. … Remarquez qu’il cite « communale » et non politique …

Car la politique, il y a goûté évidemment ! Comment un homme reconnu comme sage entre en politique ? En écoutant un discours de Omer Vanaudenhove - un des derniers grands belges à vouloir une Belgique unie - pendant l’époque du « Walen Buiten », j’ai été pris d’admiration pour ce type-là. Il m’a donné envie de m’engager … Avec les mêmes fils … bleus puisque, pendant toute sa carrière politique l’écoute, le respect et l’esprit d’équipe seront ses « valeurs de base ».

Voilà … on a causé boulot, politique … Goûtons maintenant au plat « Passion ». Et c’est là que cela se complique vraiment. Comment vous décrire un buffet quand je n’ai même pas la place pour le dessert ? Alors, essayons chronologiquement.

Dans le rayon culturel, on trouve d’abord une participation active aux différentes éditions du « Jeu de Franchimont », Normal ! me direz-vous puisque c’est son père qui l’a écrit. Et quand en 1968 ses amis et compagnons de route se réunissent pour créer la « Chevalerie de l’Ordre du Chuffin », il est naturellement de la partie. Presque quarante ans plus tard, il est inutile de rappeler toutes les manifestations qui trouvent leur origine grâce au Chuffin. N’en citons qu’une, la Franche Foire.

En 1971, en vacances il se (re)trouve une passion : le dessin. De nombreuses demeures et paysages theutois sont ainsi, plus tard, immortalisés grâce à son joli coup de plume et notamment dans son livre « La Fenêtre de Theux » (1991).

Vous connaissez « Causes Communes » ? Laissez-moi vous raconter une anecdote.
En 1992, suite à une émission TV, Jacquy assiste à une présentation de « Causes Communes » et il apprend que l’association recherche des délégués pour l’ex-Yougoslavie afin de mesurer les aides possibles sur place. Après un premier voyage, une solide équipe se constitue. Quelques semaines plus tard, et pendant trois ans, de nombreux camions remplis de vivres, de couvertures, ... partent de Theux vers les Balkans. Là-bas, il est « soufflé » par la dignité des gens dans les camps de réfugiés. De « Causes Communes », il retient une philosophie « le mouvement citoyen », l’ouverture des maisons de Theux en 1997 pour le « Parcours Citoyen » et aussi une rencontre, Paul Hermant (co-inventeur de « Villages Roumains » et de « Causes Communes ») qui deviendra « son maître à penser ».

« Et puis en soutien à Annette, il y a la longue et belle époque de Médecins sans Frontières » me demandera-t-il d’ajouter. Bien sûr, Cher Jacquy ! Et permettez-moi d’en ajouter encore d’autres : la Marotte, les Compagnons de Franchimont, les Miséricordes, …

Jacquy Bodart, c’est aussi une histoire de famille. Un frère, un mari, un papa et un grand-papa. Parlez-lui de sa famille et vous sentirez, au fond de son regard, dans ses paroles, toute la noblesse de l’Amour.

Et ses amis là-dedans ? Parlez de lui avec un des ses amis, Raymond, et il vous dira que « Jacquy est comme le bon vin. Plus il vieillit, encore meilleur il devient ». Mais ce qui caractérise ce millésime, c’est qu’il n’a pas encore dévoilé toutes ses surprises.

Pour terminer, à quelle question aimeriez-vous avoir une réponse, Cher Jacquy ?
« On parle beaucoup d’énergie renouvelable ! Et la mienne ? »

Quand je vous dis qu’on n’a pas encore finit d’en parler …

Jacquy Bodart Digest
Né le 6 novembre 1930
Marié depuis 1958 avec Annette Gonay
3 enfants (Henriane, Isabelle, Véronique)
9 petits-enfants
1957 : « naissance » de Bodart & Gonay
1962 : entrée en politique
1964 : élu conseiller communal
1968 : création de la Chevalerie de l’Ordre du Chuffin
1977 : président du CPAS de Theux
1989 : retraite professionnelle
1992 : fin de son mandat politique
1992 : début de l’aventure avec « Causes Communes »
2005 : devient Grand Commandeur de la Chevalerie de l’Ordre du Chuffin

Philippe Dethier

Pays de FRanchimont 707 février 2006