37. La vallée du wayot

lundi 21 février 2005
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- Départ en face de l’église de Theux.
- Distance:de 3 à 8 km.
- Durée:de 1 à 3 heures.
- Difficulté:facile.

Au début de la balade, vous avez l’occasion d’admirer l’Église Saints Hermès et Alexandre datant du 12ème siècle ainsi que la Boverie, demeure de style Louis XVI. Vous remontez la vallée du Wayot, petit ru qui coule dans un site calcaire. Vous avez l’occasion d’observer un bel alignement de châtaigniers et de marronniers.Prenez garde car ce lieu est appelé "Rocher du diable".

A la sortie du bois, le village de Hodbomont se présente à vous avec son château du 18ème siècle, la grande roue à eau de l’ancien moulin à farine construite en 1822, ses vieilles maisons de pierres en terrasse ainsi que sa petite chapelle dédiée à Notre Dame.

Vous rejoignez ensuite Theux par le lieu-dit La Machine.

Description détaillée de la promenade :

Balade 37 (losange rouge)

Au départ de l’église, monter la rue à droite et traverser la grand’route pour prendre le chemin asphalté en face. Longer la Boverie, ses tilleuls et autres chênes et remonter la vallée du Wayot. A droite, se trouve un refuge pour animaux. Est-ce pour cela que vous pourrez voir dans la pessière (épicéas et mélèzes), un écureil ou entendre divers oiseaux ? Le long de la route, des bosquets d’arbustes mélangés, sureaux, fusains, noisetiers, cornouillers, aubépines, prunelliers, frênes, charmes, .. peuvent abriter des pouillots, pinsons, moineaux, rouges-gorges, et différentes mésanges et grives car, en plus des bourgeons au printemps et des fruits à l’automne, ils fournissent des abris pour les nids. Nous continuons à monter la route asphaltée. Dans les prairies à gauche, des arbres fruitiers, spécialement des vieux pommiers.

De la famille des malacées, anciennement rosacées, le pommier possède des fleurs dont le pistil est soudé au calice qui se renfle : le calice grossit en même temps que les ovaires, la fleur desséchée formant la « mouche » voilà pourquoi nous mangeons des pommes. La couronne large et aplatie du pommier le distingue du poirier. Les branches sont plutôt retombantes. Le tronc est sinueux à l’état sauvage. Pour les Celtes, qui connaissaient déjà le pommier, la pomme nourrit, rassasie, donne le pouvoir et l’immortalité ; d’ailleurs, au centre de l’île sacrée des druides, l’île d’Avalon, se trouvait un pommier (comme au centre du paradis terrestre). Pour eux, le pommier est l’arbre de la sagesse. Les anciens recherchaient les pommes d’or, qui donnaient l’immortalité, mais fuyaient les pommes de discordes des déesses jalouses. Au 1er siècle, on connaissait une trentaine d’espèce de pommes, au Moyen-Age, toute l’Europe en mangeait et on fait du cidre en Normandie depuis le 11ème siècle.

Montons jusqu’au carrefour des 4 chemins où vous pouvez opter pour la version courte de la balade. Nous continuerons vers la gauche pour redescendre vers le ruisseau. Sur notre gauche, à la fin du petit bois, une belle aubépine.

Elle aussi fait partie de la famille des malacées. Ces fruits, les cenelles, ont un ou deux noyaux selon l’espèce. Elle sont appelées pain du bon Dieu car, jadis, séchées, elles étaient transformées en farine dont on faisait des galettes en période de disette. Aujourd’hui elles sont surtout appréciées par les grives et les merles. L’aubépine est censée enflammer les cœurs mais calme les passions. C’est donc une plante cardiosédative, appelée valériane du cœur ou bonnet de nuit pour ses effets apaisants. Le bois, pourvu de nœuds, est très dur. d’où son nom latin, crataegus (ferme, fort). En français, le terme aubépine, vient de alba spina, épine blanche, car l’écorne est blanchâtre (contrairement au prunellier). Ses fleurs fleurissent après celles du prunellier, début mai, car on dit « à sainte Marie, toutes les aubépines sont fleuries ». Elle est le symbole du renouveau, et pour cela fut plantée par centaines après la révolution.

Le long du ruisseau, on peut observer des aulnes glutineux et des noisetiers. A droite de la route, isolée, un pied d’aubépine mêlée à un pied de fusain. On arrive à « la Machine » où on prend à droite pour remonter au milieu des prés.
Nous marchons toujours entre des haies où se trouvent des pieds de fusain (voir balade 30), preuve que nous sommes sur terrains calcaires. Au sommet de la côte, ce sont de beaux chênes qui nous abritent. Au point culminant, apprécier le paysage : Hodbomont, Mont, Jevoumont. Avant de continuer la balade, sur notre gauche, n’hésitons pas à descendre un peu le long de la route pour admirer un alignement classé de marronniers parmi lesquels poussent de jeunes châtaignier (balade 32).

Originaires des Balkans et du Caucase, le marronnier fut introduit chez nous au 17ème siècle. Le tronc se creuse de larges cannelures spiralées car la cime subit une lente rotation. Les rameaux jeunes sont luisants avec de gros bourgeons visqueux qui débourrent très tôt au printemps. Les jeunes feuilles sont garnies d’un duvet qui les protège d’éventuelles gelées tardives. La cicatrice foliaire est en forme de croissant portant des points marqués comme un fer à cheval, ce qui vaut au marron son surnom de châtaigne de cheval. Les feuilles opposées sont digitées avec de grandes folioles et un long pétiole. Les fleurs forment une grappe pyramidale dont les inférieures ont un style alors que les fleurs supérieures sont stériles. Toutes sont irrégulières car elles ont 4 pétales et 5 sépales. Le fruit est une capsule verte, avec des pointes qui éclatent en tombant au sol. Il fournit une fécule aux substances amères mais absorbe les rayons UV. Il contient des saponines, de l’amidon et de l’huile (ce qui lui donnerait des propriétés contre les rhumatismes). Dans les armoires, les marrons éloignent les mites. Son nom latin, aesculus, signifie espèce de chêne mais le terme marronnier vient de marr, le caillou. L’écorce fournit une teinture rouge.

Continuons la balade longue en prenant à gauche.

Au village d’Hodbomont que nous traversons, n’hésitons pas à admirer la chapelle Sainte Geneviève. Nous continuons en suivant la signalisation et nous nous retrouvons au carrefour à quatre branches. Nous entamons la descente mais obliquons vite sur notre gauche où nous retrouvons des bosquets d’arbrisseaux à petits fruits : une fructicée. Nous pourrons y retrouver recouverts de clématite ou de chèvrefeuille ou de lierre, des aubépines, prunelliers, sureaux, noisetiers, et frênes. Plus loin, en automne, des fruits rouges, en grappe lâche attireront notre regard : il s’agit des fruits de la viorne obier.

De la famille des caprifoliacées comme le chèvrefeuille et le sureau, la viorne est un arbrisseau dispersé dans les bois clairs. On trouve deux espèces chez nous, la viorne aubier et la viorne mancienne ou lantanne, plus liée au calcaire. La viorne aubier, appelée aussi « bwès d’leup ou bouhon de macrâle », se trouve plus souvent en terrain humide d’où sa mauvaise réputation. Ses feuilles sont relativement grandes, opposées, lobées à bord denté. La face inférieure est légèrement pubescente. Le pétiole est garni de glandes. Les fleurs qui apparaissent en juin forment des inflorescences planes dont les fleurs extérieures, grandes blanches, sont stériles et les fleurs centrales, plus petites et verdâtres sont fertiles. La variété cultivée a été obtenue en privilégiant les grandes fleurs blanches qui forment une boule, ce qui lui a valu son nom de « boule de neige ». Les fruits, des drupes rouges portés par un long pédoncule, contiennent des toxines (salicosides) qui seront détruites par les gelées. Les oiseaux consommeront donc les fruits de la viorne au printemps.

Plus loin, dans les clôtures, nous pourrons trouver des églantiers, puis encore un pied d’aubépine et un frêne.

De la famille des malacées, comme le pommier, l’églantier, ou rosier des chiens par son nom latin est notre rosier indigène. Il doit son nom au fait qu’il était censé guérir les chiens de la rage. C’est un buisson épineux, à feuilles composées avec des stipules allongées. Ses épines sont clairsemées. Les fruits sont simples, il s’agit d’un calice charnu, coriace, avec des pépins durs mêlés à des poils d’où leur surnom de « poil à gratter ». Mûrs en automne, les cynorhodons sont riches en vitamines C et sont comestibles lorsqu’on a pris soin d’enlever les poils. Il paraît que quelques baies données aux chiens les débarrassent des parasites (kuon – cyn = le chien). C’est l’églantier qui a servi de porte-greffe pour les rosiers à hautes tiges.

Après avoir jeté un coup d’œil sur le paysage et sur le Château de Franchimont, il ne nous reste plus qu’à nous laisser descendre pour rejoindre l’église.


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