Armand Brouwers

lundi 5 mai 2008
par  Alexandre Lodez , Mélanie
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Armand Brouwers un homme qui aime regarder au loin.

Un visage souriant et pétillant, un caractère décidé, parfois carré, mais en toile de fond un homme qui a de la suite dans les idées et qui n’a pas froid aux yeux. Notre ami de la nature est né à Marché (dans une des petites maisons à côté de chez Marcel Pottier) le 29 avril 1927. A l’âge de trois ans, il suit ses parents dans leur déménagement à la ferme du Chivrou. Ils vont y tenir quelques bêtes alors que le papa travaille à la chocolaterie Clovis à Pepinster. C’était l’époque où beaucoup de ménages avaient une activité agricole mineure et une activité principale comme employé ou comme ouvrier. C’est évidemment dans ce milieu qu’il a pris goût à la vie de ferme. Il aide souvent sa maman à gérer les quatre, parfois cinq vaches qui se nourrissent dans les quelques hectares entourant la ferme. A quatorze ans, il quitte l’école. C’est la guerre. Il va travailler dans quelques fermes de la commune (au [Thuron-art1266] et à Fancheumont). Il a dix-neuf ans à la fin de la guerre et il part faire son service militaire comme chauffeur. Il restera un an en Allemagne. Quelques années passent au service des parents de sa future épouse. En 1951, il se marie. En 1956, les jeunes époux investissent dans une ferme à Forges Thiry. Ce lieu bien connu des Theutois qui fréquentent la route de Pepinster est non seulement assez ancien, mais il a l’inconvénient d’être, à la fois, limité par le chemin de fer et d’être coupé en deux par la route. La porcherie se trouve de l’autre côté et subira quelques inondations mémorables qui, sans l’intervention de Monsieur Brouwers, auraient sans doute coûté la vie aux porcelets. La gestion de cette ferme durera dix-sept ans avant la construction d’une étable juste à côté du cimetière de Juslenville. L’an suivant verra la construction d’une maison qu’il occupe encore de nos jours. D’une habitation encaissée dans la vallée, encaquee, il peut maintenant se targuer d’avoir l’une des plus belles vues n des centres urbains de Theux et de Juslenville, mais aussi des villages avoisinants. Sa condition de vie s’améliore fortement. Il aménage en appartements une partie de la ferme de Forges Thiry. Son activité agricole prend alors une vitesse de croisière. Dans des installations modernes, il a nonante bêtes dont quarante-cinq laitières. Les Brouwers sont connus pour le lait et surtout le beurre qu’ils vont fabriquer jusqu’en 1974. Leur mode de distribution est des plus simples, le porte-à-porte. Après plus de cinquante années passées au service de l’agriculture, Armand décide en 1991 de prendre sa retraite. Cela ne signifie pas du tout la fin de toute activité. Quelques bêtes continuent à paître dans les prés alentours. Il "fait" dans les viandeux. Une autre facette de sa personnalité est également à mettre en évidence. Depuis très longtemps, il est amoureux des grands espaces, des arbres, des ruisseaux... Il aime séjourner en Autriche et il en a ramené quelques bonnes idées. Vous ne le savez sans doute pas, mais il a, avec quelques complices : Jules Moreau, Hubert Caro et Louis Beauve, planté plusieurs centaines d’arbres dans différents coins de la commune. Nous n’allons pas les citer tous, mais sachez que les arbres du monument d’Oneux, c’est lui, tout comme d’autres coins de verdure à Jevoumont, Oneux, Becco... Mais l’une de ses plus remarquables initiatives est sans conteste les deux rangées d’arbres qui vont de la route d’Oneux à celle de [Sassor-art420]. Il espère secrètement que ceux-ci se rejoignent pour former un tunnel de verdure. Cette envie de laisser une trace lui est sans doute aussi venue du fait que ses qualités ont été reconnues par les autorités provinciales qui lui ont décerné au début des années 80, le prix des coins verts et fleuris. Récemment, il a ajouté une pierre à son édifice. Effectivement, il a réalisé un four à chaux en miniature dans le village de Pouillou-Fourneau. Cette œuvre est remarquable dans le sens où il l’a réalisée de bout en bout : des pierres qu’il a taillées au chariot issu d’une vieille cuve à mazout qu’il a transformée. Ce chariot a été construit en partant d’éléments disparates par André Moray des ateliers communaux. Aujourd’hui, il continue à défendre l’image de l’agriculteur. On ne peut que le remercier pour son enthousiasme à défendre son idéal et sa volonté de transmettre la flamme. Comment terminer, si ce n’est par une phrase comme : lorsque votre chemin vous mènera à Pouillou-Fourneau, à Oneux ou ailleurs, souvenez-vous de celui qui a réalisé ce petit havre de paix... qui est une incitation à semer, vous aussi, un petit coin de verdure.

Alexandre Lodez.

Pays de franchimont 683 décembre 2003