Alex Lodez

vendredi 2 mai 2008
par  Albert Moxhet, Mélanie
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Alex Lodez : sacristain de Theux durant cinquante ans !

Depuis Noël, Alex Lodez a rangé son surplis à l’issue d’un demi-siècle de bons et loyaux services en tant que sacristain de la paroisse de Theux. Né le 24 octobre 1928, il devint acolyte en 1940, mais n’avait nullement l’intention de faire carrière à l’ombre du clocher fortifié des saints-Hermès-et-Alexandre. C’est cependant sa connaissance des usages liturgiques qui, en 1954, amena le curé Cormeau à lui demander de prendre la suite de M. Compère, malade depuis deux ans et qui mourut l’année suivante. La nomination du nouveau sacristain intervint le jour de la fête du Saint-Sacrement. "Un heureux présage", dit le curé, ce dont l’intéressé reste bien persuadé. Sacristain à Theux n’est pas une profession à temps plein. Alex Lodez a travaillé chez Mullenaerts et Monfort jusqu’au jour où, en 1972, une hernie discale lui a fermé la porte des ateliers, mais pas celle de la sacristie. Si, au cours de ses cinquante années de service, il a connu six curés et un nombre indéterminé de vicaires – oui, il y en avait deux simultanément jusque dans les années 1960 – Alex Lodez a surtout été le témoin de nombreux bouleversements dont les plus importants sont assurément ceux qu’apportèrent le concile Vatican II en 1961-62, puis la restauration de l’église à la fin des années 1970. Les anecdotes parfois cocasses ne manquent pas, comme celle de ce vicaire qui ne souhaitait pas dire la messe face au peuple, comme le prescrivait Vatican II, parce qu’il se frottait constamment le nez, ou, lors de la vente du contenu des greniers de l’église, la manière de savoir si une statue de saint Roch était en plâtre – et pouvait être vendue – ou en bois – et ne le pouvait pas. L’électrification des cloches est aussi, on s’en doute, un élément irréversible dans la vie d’un sacristain, qui, s’il a vu défiler bon nombre d’hôtes de marque, garde cependant le souvenir privilégié d’un archevêque américain revenu à Theux avec des vétérans dont, en 1944, il avait été l’aumônier logé chez Pouplier. "J’aurais été un bon confesseur", dit Alex Lodez, "ce que j’entends à droite, je l’oublie aussitôt pour entendre ce qu’on dit à gauche. Je me suis d’ailleurs disputé avec tous les prêtres, car ils ont tous leurs petites manies. Sans doute aussi parce que, quand on est sacristain, on a un peu l’impression que tout ce qui est dans l’église est à vous. On se sent le défenseur de ce patrimoine et c’est sans doute le tort qu’on a !". Il a été dit que, lorsque l’on est curé à Theux, on peut y rester jusqu’à la fin de ses jours, mais la longue expérience d’Alex Lodez lui fait aussi constater que, quand un prêtre quittait Theux, il était à même d’aller n’importe où : il était dressé !

Albert Moxhet

Pays de Franchimont 697 février 2005