Freddy Lejeune

Theutois d’un jour Fred A Khan
vendredi 9 mai 2008
par  Mélanie
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Theutois un jour, Theutois toujours ?!
Les hasards d’Internet sont grands. J’ai reçu, il y a quelques semaines, un message d’Outre-Atlantique d’un monsieur ayant vécu à Oneux durant la seconde guerre mondiale. Je vous livre ce texte intégralement. "Cher Monsieur Lodez, j’ai vécu à Oneux-Theux caché pendant la guerre sous le nom d’emprunt de Freddy Lejeune avec ma famille. Cela était une année de fin 1943 jusqu’après notre libération par les armées du USA le 9 septembre 1944. Toute ma famille immédiate a survécu à la guerre cachée à cause des persécutions nazies. Depuis 1942, jusque notre libération en septembre 1944, mon père ne travaillait plus, et moi, comme enfant âgé de 10 à 12 ans, je ne fréquentais plus les écoles ; mon frère 5 ans plus âgé lui aussi était caché avec nous ainsi que ma mère et ma grand’mère. J’ai la plus grande gratitude envers les gens d’Oneux qui me connaissaient à l’époque, maintenant plus de cinquante-cinq ans. Je suis toujours en contact avec Lulu Herman, maintenant mariée depuis longtemps et résidant à Lambermont. Sa mère est décédée à Oneux il y trois, quatre années à un âge très avancé, veuve Herman. Elle avait plus de nonante ans à sa mort. Pour ne pas soulever les soupçons, notre famille changeait de résidence à peu près tous les six mois. Ainsi, on a vécu caché à Heusy, Jehanster, Polleur et finalement Oneux, sur la grande route menant à Theux. Je me rappelle toujours avec peine les assassinats, début septembre 1944, de l’abbé Bonhomme, de Monsieur Detrembleur et une autre personne. En visite en 1979, je me suis recueilli devant la stèle érigée à Oneux à l’endroit où ils furent sauvagement battus à mort. Je me rappelle avoir vu le corps de Detrembleur tout roué de coups après sa mort, les Detrembleur vivaient à côté de l’endroit où on vivait sous notre faux nom. Aussi, je me rappelle des Hardy qui vivaient aussi au coin. Ils sont morts maintenant, mais je les ai revus lors de ma brève visite en 1979. Comme enfant, je jouais souvent dans les ruines du château de Franchimont. Après la guerre, je fus actif dans les mouvements de jeunesse à Verviers, élu secrétaire du Comité central de la fédération des Athénées et Lycées de Belgique et je menais une équipe de jeunes Verviétois en football qui devint Champion de Belgique en 1948. Après mes études à l’Athénée Royal de Verviers, je migrais aux USA en 1952. Je revins deux années après comme soldat américain occupant l’Allemagne que j’avais fui en 1938 pour me réfugier à Verviers. Mes parents avaient déjà fui l’Allemagne en 1933, mais une tante et un oncle m’élevèrent (ces derniers furent par après victimes dans l’holocauste). Après ma démobilisation, j’obtins une licence puis une maîtrise à la Hohns Hopkins University. Pendant ce temps-là aussi, je revins en Belgique avec la délégation des USA à l’expo de Bruxelles en1958. Après une carrière avec le Gouvernement fédéral des USA comme conseiller économique, je pris ma retraite fin 1992. J’ai une fille Anna qui est mariée depuis neuf ans avec un fils d’une famille originaire de Duisburg, pas très loin de notre coin du pays. Ma fille a adopté deux petits de la Corée du Sud, à l’âge de quatre mois. L’un Jacob Kahn Hogenkamp est maintenant âgé de près de cinq ans ainsi qu’Elisabeth Hogenkamp que nous appelions Beth qui est près de trois ans. Mon épouse Rita, aussi est retraitée après trente ans comme infirmière de santé publique pour le Gouvernement de Washington, DC. Je serai marié depuis trente-six ans le 19 décembre prochain. Mon histoire fut publiée notamment en français dans Le Jour/Le Courrier en 1989 (sce M. Monami, Red. Chef, Le Jour). Aussi mon histoire a été publiée dans divers journaux américains et allemands. J’ai aussi donné une interview de trois heures pour la vidéo/Spielberg’s Fondation des rescapés de l’Holocauste. Mes parents avaient quitté l’Allemagne aussitôt que Hitler vint au pouvoir. J’étais justement né et ma tante qui n’avait pas d’enfants a demandé de m’élever. C’est ainsi que je restais en Allemagne jusqu’au premier octobre 1938 pour alors rejoindre mes parents à Verviers. Notre séjour à Oneux-Theux fut de fin 1943 à 1944. Nous vivions sous le nom d’emprunt de Lejeune. J’ai vu d’un champ à Oneux la bataille de la libération qui dura toute la journée du 9 septembre 1944. Le pont à Theux fut dynamité par les Allemands en retraite et je me rappelle vivement de l’assassinat de trois gens d’Oneux par les nazis début septembre (dont l’abbé Bonhomme)."
Si cela intéresse certaines personnes qui auraient bien connu ce monsieur Lejeune, voici son adresse : "Fred A. Kahn, 4512 West Virginia Ave, Bewthesda, Maryland 20814-4612 USA.

Pays de Franchimont 641 janvier 2000