Monique Ramonfosse

vendredi 26 juin 2009
par  Mélanie
popularité : 6%

C’est une dame discrète, sur qui la musique a un effet magique. Depuis des dizaines d’années, elle traîne sa bosse de bals en fêtes, de kermesses en goûters ou encore de thés dansants en animations pour enfants.

Son histoire, nous la commencerons fin des années cinquante. Elle est la huitième d’une famille de treize enfants. Ses parents sont fermiers à Hestroumont (actuellement la ferme Janssen).

Elle sera la seule de la famille à jouer d’un instrument, à l’époque où les fanfares avaient encore la cote. A treize ans, elle répète avec la fanfare de La Reid au café Cornet. Elle y joue de la clarinette, puis du saxophone. Mais, tout le monde le sait, son instrument de prédilection, c’est l’accordéon.

A treize ans, elle va acquérir son premier instrument. C’est aussi à ce moment qu’elle découvre Monsieur Bisman, qui vit toujours et a actuellement plus de nonante ans. Deux ans plus tard, ses parents lui offrent l’accordéon avec lequel aujourd’hui, elle fait encore danser. Monique a des doigts de fée et ses parents lui permettent de suivre les cours privés de chez Poumay. A seize ans, elle obtient le premier prix au conservatoire de Verviers. Elle va aussi toucher à d’autres disciplines comme le piano ou l’harmonie. Elle monte continuellement de catégorie. En 1964, elle se retrouve à Luxembourg pour le championnat du monde. Et notre petite Monique, qui n’a, à l’époque, que vingt ans, décroche la palme. Elle devient championne du monde. Ce titre, dont elle est très fière, est évidemment pour elle une consécration.

C’est aussi la grande époque des fêtes de village. Son père l’accompagne à Beho, Houffalize,... Ils sont parfois sept musiciens sur scène. Accordéoniste confirmée, elle remplace un professeur de chez Poumay et ce, jusqu’en 1972. Elle a maintenant trois enfants et elle cherche à leur consacrer un maximum de temps. Les années 70 sont aussi des moments difficiles tant pour l’accordéon que pour les orchestres de bals. Effectivement, c’est l’apparition des DJ. Les orchestres de bals disparaissent les uns après les autres. On pourrait alors penser que Monique... rangerait son instrument au placard. Il n’en est rien. Sa formation conserve un créneau et un public. Elle va se construire une clientèle de fidèles comme la poste de Verviers, l’école libre de Theux, le restaurant de Grand-Halleux, l’Ecurie, la salle des Macralles...

Son agenda resta donc bien garni. Aujourd’hui, l’aventure continue. L’agenda est toujours aussi bien rempli, mais, plus encore, Monique est redevenue professeur. Depuis 1996, elle travaille à l’Académie de musique Pascal Taskin. Elles sont quatre à suivre son cours. Quatre dames, jeunes et moins jeunes, qui partagent, avec elle, sa passion. Une passion qui est d’ailleurs assez coûteuse ; saviez-vous qu’un instrument, même d’occasion, avoisine les 30.000 Fb...

Parler de Monique sans parler de Raymond, c’est comme parler de Roméo sans Juliette, c’est comme parler de Dupond sans Dupont... Raymond, elle va le rencontrer vers 1966 au local des moins de vingt ans, place du Perron à Theux (actuellement, c’est la maison de l’assureur Dumont). Mais pas question pour elle de sacrifier l’amour de la musique sur l’autel de l’amour. Raymond, à cette époque, ne joue d’aucun instrument. Il va alors aller suivre des cours au conservatoire de Verviers. Quelques mois d’écolage lui suffiront et, la nuit du réveillon 67-68, il prendra officiellement place dans l’orchestre. Depuis, ils ne se sont plus quittés. Monique est le manager du groupe. C’est elle qui négocie les contrats. C’est elle qui orchestre aussi les partitions et les rapports humains dans le groupe.

Son calme, son caractère conciliant sont autant d’atouts pour fidéliser une clientèle. Des enfants de Monique, c’est surtout Alain qui a hérité du virus. Il est, lui aussi, devenu le leader d’une formation. Sa fille Fabienne, si elle a bien taquiné l’accordéon étant jeune, est trop occupée par sa vie professionnelle et familiale que pour trouver le temps de poursuivre. Jo, le petit dernier de la famille, s’il est bien connu pour sa participation active à beaucoup de fêtes, c’est plutôt comme consommateur de musique que comme artiste.

Voilà, tracée en quelques lignes, l’histoire d’une Dame de l’accordéon, dont la passion se lit sur le visage. Elle a toujours la même flamme et le même plaisir de jouer. Comme elle le dit elle-même : "l’accordéon me fait oublier les soucis quotidiens". Félicitations à vous. Monique, pour tous les moments de bonheur que vous avez donnés, vous donnez et vous donnerez encore.

Alexandre Lodez.

Pays de Franchimont 653 février 2001