Joseph Belleflamme

mercredi 8 juillet 2009
par  Alexandre Lodez
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Joseph Belleflamme

Je n’en suis pas à mon premier portrait de personnage connu de la commune. Pourtant celui du mois de mars, me fait faut-il le dire un peu peur. Cet homme est brave, souvent considéré comme un gentil aimant les animaux et par la même les humains. Ce pollinois de 80 ans n’est pourtant pas méchant simplement, faut-il le dire il est soupe au lait ! Alors, je sais qu’arrivé au paragraphe suivant, il retrouvera sa bonhomie légendaire.

Il est né à Neuf Château les Visé en 1928 (village non loin de Dalhem – Aubel) Ses parents étaient agriculteurs dans la région et le père fut même échevin (tiens donc). Sa scolarité s’est déroulée au village d’abord dans une classe mixte en 1ère et 2ème année, ensuite dans une classe unique de 24 élèves de la 3ème à la 6ème. Cette scolarité a été rythmée par la vie à la ferme mais aussi et cela à son importance par la construction non loin de chez lui d’un fort qui comme celui de Tancrémont devait stopper l’invasion probable des allemands. Nous sommes sur le plateau de Herve. A cette époque, il est fréquent qu’une exploitation agricole soit diversifiée. C’est le cas chez les Belleflamme, cette famille de six enfants (4 garçons et 2 filles). A côté de la quinzaine de vache et ses vingt cochons, il y a aussi un verger composé d’arbres fruitiers haute tige. La production familiale est diversifiée : pommes – poires – prunes – cerises -…

La maman est une spécialiste de la transformation des produits de la ferme. On fait du beurre. Il y a un four à pain et l’été venu on y enfourne aussi de grandes tartes maisons. On tue quand cela est nécessaire le cochon qui est alors transformé en divers produits. A 12 ans, c’est la guerre qui commence ! Le 9 mai 40, il fait sa communion et la fête à peine terminée, le fort se met à tirer. Tout le village évacue, mais pas les Belleflamme qui décident de rester dans leur cave. Il ne fait pas attendre longtemps pour que les allemands prennent le père, l’oncle et le cousin en otage. Ils se rendent devant le fort pour demander la reddition de la garnison. Le commandant Dardenne est formel : « je ne discute pas avec un occupant qui tient des habitants en otages ». Le fort sera finalement pris par les allemands quelques jours plus tard.

A 12 ans, la décision était prise Joseph serait vétérinaire. Il allait alors entamer ses humanités à St-Adelin à Visé. Pas de train, pas de bus, pas de tram, un vélo allait être son moyen de locomotion. Pendant six ans, il allait se préparer à entrer à l’université en étudiant dans la cuisine au milieu des frères et sœurs. Son diplôme de gréco-latine en poche, il parti à Louvain faire ses candidatures avant d’entrer à Curghem pour obtenir son diplôme de médecin vétérinaire. Il vivait dans une petite chambre d’étudiant et revenait le samedi pour repartir le dimanche soir. La famille n’était ni riche, ni pauvre. Les parents en bons travailleurs de la terre avaient le sens de l’économie et du partage.

C’est ainsi que deux des enfants suivirent un cursus universitaire (l’un docteur en médecine, l’autre vétérinaire) Ceux qui le connaisse savent que Joseph Belleflamme ne dit jamais non à une petite bière (Jupiler de préférence). Et bien maintenant, je sais d’où cela vient. Il a été vice-roi des bleus. Les grands spécialistes de la guindaille apprécieront.

Son diplôme en poche et fiancé, Joseph pense faire ses 21 mois de service militaire et puis ouvrir son cabinet. Ses plans ont été vite déjoués. Effectivement l’armée lui signifie que son handicap visuel est trop important pour porter l’uniforme. Il est donc libre de service militaire et se met en quête d’une habitation. Il cherche dans la région de Theux – Polleur - Jalhay… Le voilà installé rue Félix Close à Polleur. Nous sommes en 1953.

En 1956, il achète la maison du pharmacien de Polleur. C’est toujours sa demeure actuelle. Il a très vite des clients et fait parfois entre 20 et 30 visites sur la journée. Sur sa carrière, il aura 13 stagiaires dont le bourgmestre d’Olne Monsieur G. Senden.

Durant sa carrière de vétérinaire qu’il arrêtera en 1993, son épouse a été une parfaite secrétaire. Mieux qu’un inspecteur de police et sans GSM, elle parvenait toujours à lui transmettre les messages des clients.
Joseph est un homme de société. Il va très vite s’insérer dans le monde associatif pollinois. Il est membre du SI Polleur, du comité des fêtes. Il est également actif dans la vie paroissiale. Avec son épouse, ils auront trois enfants (deux filles et un garçon) Malheureusement son fils décède d’une maladie grave à l’âge de 16 ans. Il a deux petits fils et une petite fille de 18 ans qui est actuellement en Alaska.

En 1976, ce sont les fusions de commune. Les listes se composent. Jean Gillet d’abord, Joseph Simons ensuite viennent le trouver. Il signale rapidement à Jean Gillet qu’il est PSC et que malgré la sympathie qu’il a pour lui, il ne rejoindra pas sa liste. Pour Joseph Simons ce n’est pas gagné pour autant. Effectivement, il faut encore attraper l’oiseau de nuit qu’est Joseph Belleflamme. Alors Joseph Simons fait le pied de grue et tard dans la soirée fini par le trouver et le convaincre. Il entre en politique pour 24 ans. Il sera douze ans conseiller et douze ans échevin.

La politique est difficile car il faut contenter tout le monde. Durant ces douze années à l’échevinat des affaires sociales, de l’information et de la famille il a été heureux de rendre service. Son sens de l’engagement et du bien commun sont incontestablement des qualités pour faire de la politique. Il quitte le conseil communal en 2000.

L’an 2000 qu’il ne pensait jamais connaître. A 72 ans, il pensait jeune qu’on était vraiment très vieux. Cette réflexion de Joseph, le symbolise très bien. Il a un côté naïf et candide. Il vit jour après jour rempli d’une foi inébranlable avec toujours la même envie de vivre pour les autres. C’est un homme de contact qui une fois pensionné a élargi son horizon. Il n’est pas un grand voyageur pourtant, il a été au Rwanda avec l’abbé Grégoire en 1988. A 80 ans, il a encore des passions. Il est impliqué dans les chaînes de service et d’amitié, dans les Amis de Tolifaz. Il va revoir ses anciens clients. Il joue au carte et plus particulièrement au Whist. Il jardine et cultive des fleurs. Depuis peu, il a rejoins l’amicale des anciens combattants.

Voilà quelques facettes connues ou moins connues de notre ami Joseph ! Bonne santé et que le soleil continue à animer le dynamisme de notre octogénaire.

Alexandre Lodez, Pays de Franchimont mars 2009


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