Nos cours d’eaux ne sont pas des poubelles ! Y compris pour nos déchets verts…

jeudi 9 juillet 2009
par  Chantal Cloes
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Nos cours d’eaux ne sont pas des poubelles ! Y compris pour nos déchets verts…

Nos ruisseaux et rivières, véritables joyaux, font partie intégrante de notre patrimoine. Malheureusement, ils sont souvent considérés comme des poubelles. Que ce soit pour le tourisme, pour la biodiversité et l’environnement, pour l’agriculture ou encore simplement pour leur beauté, nos cours d’eau méritent que chacun les respectes.

La principale pollution des eaux courantes theutoises, outre les rejets des eaux usées domestiques, est le dépôt de déchets verts sur les berges ou directement dans l’eau. En effet, les berges du fond du jardin servent bien souvent de « trou à crasse ».

Qu’appelle-t-on les « déchets verts » ?

- Les déchets verts sont tous les résidus végétaux des travaux de jardinage (les tontes de pelouse, la taille des haies, des arbres et arbustes,...),
- les déchets de cuisine (épluchures de légumes,…),
- les feuilles mortes,...
- Tous sont plus ou moins biodégradables.
- Principales conséquences DU DEPOT DE DECHETS VERTS SUR LES BERGES OU LE REJET DANS LES EAUX DE SURFACE

Puisqu’ils sont biodégradables, en quoi sont-ils gênants nous direz-vous ? Cela nécessite, en effet, quelques explications. Les lignes ci-dessous vous présentent très brièvement quelques unes des conséquences qui sont, bien évidement, fonction de la quantité de déchets rejetés. En principe, les rivières au cours naturel sont capables de se débarrasser elles-mêmes des matières organiques qui y sont jetées pour autant que celles-ci ne dépassent pas un certain seuil mais, dans bien des cas, le pouvoir auto-épurateur des rivières est complètement dépassé.

Fragilisation des berges

Les amas de déchets verts déposés sur les berges provoquent la mort de la végétation naturelle. Petit à petit, avec les pluies et les crues, les berges se laissent aller puisqu’elles ne sont plus retenues par la végétation et ses racines.

Eutrophisation et dégagement de mauvaises odeurs

Qui dit matière organique dit décomposition ! La décomposition des déchets verts va provoquer l’apparition en grand nombre de microorganismes décomposeurs qui vont épuiser l’oxygène de l’eau, au détriment de toute la faune présente, c’est le phénomène d’eutrophisation. On ne retrouve plus alors que quelques espèces qui supportent la pollution en lieu et place de l’étonnante biodiversité de nos cours d’eaux. Cette « décomposition » entraîne bien souvent le dégagement d’odeur très désagréables.

En plus, les crassiers de fond de jardins laissent couler des « jus » qui polluent plus ou moins fortement les sols, les cours d’eaux et les nappes souterraines.

Pollution physique et visuelle

Tous ces déchets vont progressivement « colmater » les fonds de nos cours d’eaux comme les interstices entre les pierres et les racines, empêchant les animalcules de s’y installer. L’eau devient aussi plus trouble, ce que ne supportent pas de nombreuses espèces et on voit apparaître un tapis verdâtre recouvrant le fond.

Et puis, la présence de « crasses » donne une impression de saleté générale qui n’incite pas à se débarrasser « proprement » de ses déchets : « la saleté attire la saleté ».
Les gros déchets peuvent aussi empêcher le bon écoulement de l’eau et être à l’origine d’inondations localisées.

Modification des plantes typiques des berges

Les déchets verts déposés sur les berges vont enrichir le sol au profit de quelques espèces de plantes seulement qui vont proliférer en grands massifs impénétrables. De plus, parmi ces plantes, on retrouve trop souvent des espèces exotiques dites « invasives ». Ces dernières ont la faculté de se développer très rapidement dans les milieux déstabilisés, notamment autour des dépôts de déchets verts. C’est le cas de la célèbre Renouée du Japon et de la Balsamine de l’Himalaya.

Evidemment, avec les plantes, ce sont aussi tous les animaux qui y sont liés qui disparaissent.

Que faire de ses déchets verts ?
- Deux solutions s’offrent à vous :
- soit les apporter dans un parc à containers,
- soit, ceux qui possèdent un jardin, les composter. Il existe même des « poubelles-compost » pour les petits jardins, voire pour les balcons d’appartement. Attention cependant à bien respecter les règles de compostage (vous pouvez contacter les guides-composteur ou consulter les nombreuses brochures existantes sur le sujet). Quoiqu’il en soit, il ne faut en aucun cas placer son tas de compost en bord de berge

Une pratique sournoise : l’incinération ! Cette pratique courante, bien que discrète n’en est pas moins polluante car vous rejetez des hydrocarbures, des dioxines, des métaux lourds et de nombreuses autres substances toxiques.

La loi interdit d’abandonner ses déchets ou de les gérer au mépris des dispositions légales. Toute personne qui détient ou produit des déchets est tenue d’en assurer la gestion de manière à limiter les effets négatifs pour l’environnement.
Rappelons aussi que l’article 161 du Code de l’Eau interdit le rejet de déchets dans les eaux de surface.

En savoir plus ? visitez www.adnature.be/dechetsverts

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